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Fermeture du dernier café

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[*Dans mon village on a fermé le dernier café*]

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Dans son dernier CD, Gérard Jaffrès chante : « C’est une victoire pour la médecine, la Sécurité sociale... Dans mon village on a fermé le dernier café. Au diable buveurs et fumeurs, fêtards de tout poil, vous qui menacez la planète, l’univers, les étoiles. » C’est ce qui va se passer ici le 31 janvier. Après 28 ans de présence, Jacques et Jeanine Pérard vont baisser définitivement le rideau du Chat Noir.

Le restaurant a déjà cessé son activité depuis quelque temps. Jeudi, ce sera au tour du dernier café de la commune. « On remercie tous ceux qui nous ont été fidèles durant toutes ces années », insiste Jeanine qui, par pudeur, ne voudra pas apparaître sur la dernière photo. Les habitués sont déjà nostalgiques comme ce candidat aux prochaines municipales qui tente de gagner du temps. « Eh ! Il faut au moins que vous restiez ouvert jusqu’aux élections. Sinon où on ira fêter la victoire ? ».

Et même si c’est une défaite, il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte sans avoir partagé le verre de l’amitié. Mais non, pas de miracle à attendre. Les patrons ont atteint l’âge de la retraite et face à une conjoncture de plus en plus difficile pour les cafés-tabacs, ils vont un peu penser à eux. « On va essayer de profiter des quelques années qui nous restent », confirme Jacques. À moins qu’une reprise de l’établissement soit envisageable. Mais si elle se fait, ce ne sera qu’à moyen terme et devra aussi concerner le restaurant. « Car sur une petite commune comme ici, c’est difficile même pour une personne seule de pouvoir vivre rien qu’en tenant un café. »

En attendant cette hypothétique reprise, les habitués devront trouver un autre lieu de convivialité. Pas si facile. « Plouaret c’est peut-être à côté mais moi, je n’ai pas de voiture », confie l’un d’eux. C’est sûrement à tous ceux-là que s’adresse le refrain de la chanson. « Et pourtant je repense à Marie qui servait son p’tit verre de bière à Pierre, son p’tit blanc à Léon. Elle savait y faire, leur sourire, leur parler. Du tabac gris pour Robert, un p’tit rouge à Louison... »

Vu dans Ouest France du 28 janvier 2008.

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Mis à jour le mardi 2 août 2016