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Centenaire

[|*Anjela Duval*|]

[|*Besogneuse de la terre, besogneuse des mots*|]

Dimanche, les fervents d’Anjela Duval commémoraient le centenaire de sa naissance . L’âme de la poétesse était étonemment présente à Traou an Dour.

Tout ou presque a été dit sur Anjela Duval ; tous les qualificatifs employés : égérie, pasionaria, génie de la poésie bretonne et même plus. Anjela, femme de la ferme, dans sa modestie les aurait certainement tous déniés ; et pourtant les plus éminents bretonnants comme les apprentis de sa langue maternelle l’ont consultée, ont étudié, épluché les mots et alliances de mots couchés sur des cahiers d’école d’une simplicité surprenante et d’une qualité tout aussi étonnante. “une référence d’écriture en langue bretonne. Une écriture d’un très haut niveau” dira Soazig Noblet ; et Roger Laouénan “le paradoxe est que les paysans bretonnants du coin sont devenus incapables de lire ses textes très élaborés”.
Et pourtant exhalait du personnage l’humilité des gens simples. “Parfois pour des raisons de commodité je lui demandais d’enlever un pied à l’un de ses vers. Elle acceptait de rectifier son texte. Jamais nous n’avons eu de problème” raconte Soazig Noblet harpiste et compositrice qui a mis de nombreux poèmes d’Ajela Duval en musique.

La soif de connaître

Mais quel diable tirait donc cette femme ainsi vers le haut. “Point de télévision à Traou an dour, tout juste une petite radio qui marchait en permanence” se souvient-on chez les Corsons. Signe à n’en point douter d’une curiosité intellectuelle insatiable ; signe aussi d’une intelligence remarquable et remarquée ; secret d’une farouche attitrance vers la perfection du mot qui caractérise les poètes mais aussi fruit d’un immense travail sur la langue bretonne. On lui prête ce mot d’humour dont elle n’était par ailleurs pas dépourvue loin s’en faut "Jamais je n’ai pu m’attacher à ce maudit français ! Le lire et l’écrire, encore. Mais le parler, mon Dieu ! Le peu de français que j’ai pu ramasser dans mon bissac se trouve toujours "à l’arrière" et difficile à attraper. Souvent je traduis le contraire de ma pensée. Ce qui me fait passer pour plus idiote que je ne suis !". Au point qu’elle avait fini par afficher la couleur de sa passion presque exclusive “Attention virus breton très dangereux”.

La scolarité “officielle” est modeste, effectuée entre 1913 et 1917 à Trégrom “parce que Traou an Dour à travers la campagne était plus proche de Trégrom que du bourg de Vieux Marché”. Mais Anjela ne pouvait en rester là. La soif de connaissance est incommensurable. Roger Laouénan note que “c’est autour de la cinquantaine qu’elle prend vraiment conscience de son identité bretonne. Là elle s’est mise à plancher sur la grammaire et les dictionnaires”.
Anjela, femme de plume était aussi femme de la terre. Très vite propulsée à la ête de l’exploitation agricole “elle suivait des cours d’agriculture par correspondance. La vivacité de son intelligence a tellement frappé ses professeurs que l’un d’eux s’est déplacé à Traou an Dour pour la connaître” précise Ronan Coadic. L’aspect plus méconnu du personnage émerge “Anjela était plus diplômée qu’elle n’y laissait paraître” poursuit Ronan.

La soif de partager

Immense force irrépressible d’écrire ; immense volonté de partager. Mais le temps, si on peut le trouver, ne s’invente pas. Parfois il fallait choisir. Cruel dilemme. “On raconte que 300 000 personnes sont venues à la ferme. Pas toutes en même temps bien sûr. La table était pleine de lettres. Il y en avait partout” se souvient Marie Thérèse. On raconte “qu’elle tenait à répondre personnellement à toutes les lettres qu’elle recevait”.
Quand à sa deuxième passion, le travail de la ferme, là-aussi, c’est avec beaucoup d’humour et d’affection que les proches racontent “Un jour nous étions en train de planter des betteraves. Anjela était avec ses visiteurs. Pendant ce temps-là, si nous n‘avions pas été là, la rangée n’aurait jamis été terminée !”.
C’était un dimanche du mois d’avril, très exactement le centième jour après la naissance d’Anjela Duval, trouvère des temps modernes. “Elle est née dans le petit bâtiment à côté de la maison amintenant rénové ; La maidon date de 1920” précise Phiippe Corson désormais et heureusement maître des lieux.

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Mis à jour le mardi 2 août 2016