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3 - Le fondement historique du pèlerinage islamo chrétien

La crypte-dolmen

des Sept Saints Dormants d’Ephèse .

ERNEST RENAN, le premier, a marqué le caractère insolite, et la valeur supranationale, de cet « enracinement » d’un culte venu d’Orient dans un cadre de préhistoire celtique. Sans y mettre peut-être tout « le sentiment intime et si pénétrant qu’on attendait de lui ».

C’était dans une lettre adressée à F-M. Luzel en 1878. Le grand sémitisant, revenu d’Asie dans son Trégor natal, exhortait son ami, précisément né en Vieux-Marché, à relever son regard farouchement arrêté sur le folklore de son terroir, vers la perspective imprévue d’une visitation authentique de la sainteté orientale dans une « hagiographie bretonne... restée jusqu’au XIIème siècle exclusivement nationale » et à envisager, dès le VIIe siècle, une « acculturation » celtique de la légende syriaque des Sept Dormants à travers la traduction latine due à Grégoire de Tours mort en 597.

A Ephèse, le culte des Sept Dormants est attesté dès 450. Il est fortement probable qu’il soit parti de là pour essaimer partout.

Soixante ans plus tard, M. René Couffon, abordant l’étude des « saints orientaux en Bretagne » montrait que le cas du Stiffel, loin d’être à écarter comme aberrant, pouvait entrer dans toute une famille de dédicaces orientales qu’il ne s’agissait pas de minimiser en bloc, comme des créations artificielles récentes. Il convenait plutôt de les rattacher à certaines christianisations archaïques de mégalithes, traces iconologiques d’une première évangélisation du monde celtique par des orientaux.

Depuis 1938, la publication de l’inventaire archéologique d’Ephèse par la mission autrichienne, d’observations précises sur les apports artistiques de la route maritime unissant l’Irlande par la Bretagne au monde hellénique et sur le folklore issu de la diffusion de reliques venues d’Orient en Germanie par Rome, inclinent à dater de très haut la christianisation du dolmen du Stiffel.

De toutes manières, la chapelle qui lui a été surimposée en 1703 a vu son attribution canonique aux sept Ephésiens confirmée par un acte du 22 juillet 1707 des archives épiscopales de Tréguier. La diffusion, du XIIIe au XVIIe siècle, du culte homonyme des « Sept Saints » évêques de Bretagne n’a pu s’annexer ni la grotte-dolmen ni la Gwerz qui y vénérait les Ephésiens.

Le Stiffel représente bien plutôt l’ultime survivance d’une dévotion anciennement répandue dans tout le pays précisément à cause de son dolmen christianisé, avant que les conciles ordonnent de les détruire (567, 668, 689).

M. René Louis place le tremblement de terre de la mort de Roland, le choc de Durandal contre le « perron de Roncevaux » comme atteignant au « perron » du Stiffel, les « Sept Saints en Bretagne », en même temps que « Besançon, Wissant et S. Michel del Péril », L’hypothèse est très séduisante.

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Mis à jour le mardi 2 août 2016